dimanche, 21 août 2011
Interminables Ténèbres
Le petit noyau sourd que j'héberge depuis quelques temps étend ses ramifications. Chacune d'entre elles s'agrippe à mes chairs de leurs griffes crochues. La douleur lancinante s'installe en moi comme un passager clandestin. Elle est tantôt pesante tantôt vive et aiguë. Elle aigrit mes tissus et mord avidement dans mes organes, dans lesquels je sens maintenant battre le sang. J'écoute le rythme des pulsations qui retentissent dans ma poitrine et gonflent mon corps douloureux à intervalles réguliers. J'emplis d'air mes poumons puis expire du plus lentement que je puisse pour faire décélérer mon pouls et occulter le mal.
L'atmosphère est lourde, ou est-ce mon organisme qui surchauffe ? Les couvertures sont moites et adhèrent à ma peau. D'un geste que je voulais ample mais qui s'avère fébrile et maladroit, je les écarte. Il me semble que la chaleur transsude de mon dos écrasé sur le matelas. La peau bouillante de mes reins ne fait plus qu'un avec la housse de coton. Lentement, je me retourne sur le ventre pour profiter du contact à peine rafraîchissant de l'air non vicié sur cette peau fièvreuse.
Le nez dans le coussin, je n'ai plus que mes oreilles pour sonder la pièce plongée depuis quelques temps dans la pénombre. Je ne saurais dire combien de minutes se sont écoulées depuis que je me suis couchée. Chaque seconde supplémentaire égrenée par la pendule me renvoie à l'interminabilité de la nuit qui porte ma douleur obsédante. Le temps se fait pénible. Chaque minute passée me rapproche mollement de la délivrance de l'aurore, quand le jour percera à travers les rideaux et que la maison sera de nouveau peuplée et en mouvement.
Alors seulement s'évanouira l'angoisse de rester seule face à la maladie. Affranchie de ce poids, j'en oublierai un instant tout symptôme physique et m'abandonnerai aux méandres du sommeil. Les paupières closes, les stigmates du tourment auront disparu de mes traits, tandis que la vie s'activera bruyamment sous le même toit qui héberge cet embryon de mort.
15:07 Publié dans Sophie blogue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nuit, maladie, long, douleur, solitude
samedi, 20 août 2011
Lettre à Elle
J’ouvre sa dernière lettre, simple feuille d'écolier, maladroitement plié en quatre et dont on a découpé le côté perforé, et la vue de ses pattes de mouche couvrant irrégulièrement les petits carreaux me replonge brusquement dans le passé.
Je plane sur les lignes en glanant ça et là un mot, je n'ai aucune envie de décrypter les phrases. Simplement envie de me laisser flotter le long de sa plume, là où elle a posé son poignet il y a presque deux ans déjà, pour revivre un instant avec elle.
Je ne pense pas avoir la force de lire intégralement le pli, je crois me souvenir de ce qu'il contient. Mais finalement ce serait dommage de l'avoir extirpé de son coffret simplement pour m'assurer qu'il existe bien.
Je me lance et je redécouvre peu à peu ce qu’elle avait voulu me dire. A l’époque, submergée par des émotions contradictoires, j’avais dû y lire ce que je voulais croire. Maintenant, la relecture me livre un autre message.
Les phrases qui se voulaient rassurantes se font pessimistes, les anecdotes qui devaient être amusantes deviennent ironiques. Les maladresses deviennent faiblesses, les gribouillis sont des défaites. Quelques mots griffonnés à l'envers dans un coin deviennent le message principal, donnent un sens à cette suite de mots insensés.
Il y a bien plus de choses à comprendre dans ce feuillet gribouillé que d’encre sur le papier. J’avais encore bien plus d’amour à lui transmettre que je n’ai pu lui en donner. Aujourd’hui, il m’en reste encore sur le cœur et, en se reposant sur la feuille, il en pleure.
19:23 Publié dans Sophie blogue | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lettre, elle, mots, comprendre
jeudi, 14 juillet 2011
Zippo
Ma petite flamme à moi se trouve à l'intérieur
Une étincelle l'allume quand tu me souris
Elle brille dans mes yeux quand je te lis
Et vacille dans ma tête quand je m'endors
Ma folle flamme à moi brûle dans tout mon corps
Elle consume mes lèvres quand je t’embrasse
Elle irradie ma peau quand je t’enlace
Et le reste du temps elle habite mon cœur
16:52 Publié dans Sophie est niaise et fleur bleue | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : zippo, flamme