jeudi, 18 juin 2009

Amertume létale

 

Mon cœur est si lourd qu’il s’ancre à mon estomac

Et suinte une amertume qui me perce à froid

Pour consumer ce poison j’allume un bâton

Qu’il fasse s’envoler en fumée mes démons !

 

Le liquide létal loin de s’évaporer

S’écoule, s’étale, finit par s’enflammer

Pour laisser à la place un tapis de cendres

Brûlantes comme le diable à s’y méprendre

Sois grand

 

Déchire cette peau souple de nouveau-né

Arrache une par une tes dents de lait

Brûle le rose de tes joues, décrasse tes genoux

Apprends à ton corps à parer les coups

Sculpte ta silhouette potelée au burin

Ouvre grand les yeux et serre fort les poings

 

 

Grandir c’est mourir un peu

Tuer en toi le p’tit morveux

Grandir c’est devenir vieux

Se soumettre aux règles du jeu

 

 

Sois grand, assume, lâche ma main, construis ton destin

Sois fort, assure, pense sans cesse au lendemain

Prends ton lot de doutes, prends ton lot de faiblesses

Poursuis bien la route, oublie toute ta détresse

Prépare-toi assez tôt à toujours tourner en rond

Accepte de perdre tes héros et d’affronter tes démons

 

 

Ça y est, c’est l’heure,

Aujourd’hui tu perds ta candeur,

Tu ne peux plus compter sur moi

Post scriptum : Dieu n’existe pas