lundi, 28 avril 2008

En convalescence.

Je suis une handicapée du cœur

Incapable d’aimer à nouveau

Je suis une oubliée du bonheur

Incapable d’aimer comme il faut

 

Ceux que j’aime me méprisent

Leur indifférence m’attise

Ceux qui m’aiment me détruisent

L’attirance me fait faire des bêtises

 

J’ai le souffle court, j’ai le cœur lourd

Serré dans un étau, j’ai le cœur gros

Ma poitrine oppressée bat un rythme sourd

Sous ma peau je sens éclater mes vaisseaux

dimanche, 27 avril 2008

Souvenirs en nuances de gris.

    Je me souviens d’une planche d’autocollants en forme d’étoiles d’or et d’argent que m’avait offerte ma maman alors que je n’aurais jamais pensé un instant mériter ce merveilleux trésor du haut de mes six ou sept ans. Je me souviens des livres d’histoires des lapinous cent fois dévorés, des œufs kinder et de la semoule chaude après la sieste, des livres magiques qui se peignaient à l’eau, des décalcomanies qu’on s’appliquait à positionner et des tatouages qu’on se faisait à l’éponge sur la peau. Je me souviens de nos arcs d’indiens, de notre cabane au bord de la rivière, de nos parties de pêche sans appâts, de nos jeux de cachette toujours sur le même terrain, des soirées de fête où l’on pouvait sortir sans être couverts après dîner. Je me souviens des dimanches où l’on sortait avec la poussette et de nos aventures dans la ruelle des sœurs. Je me souviens des histoires de perlinpinpin que l’on suivait avec attention alors qu’on tenait à trois sur la même chaise. Je me souviens des surprises auxquelles nous avions souvent droit sans vraiment comprendre pourquoi. Je me souviens des craies grasses blanches qui écrivaient comme par magie sur les blocs de papier vert. Je me souviens des après midi peinture, pâte à modeler ou pâte à sel qui étaient de longues et laborieuses entreprises. Je me souviens des parties endiablées d’hippo-gloutons. Je me souviens des réparations miraculeuses de tous les jouets que nous avions malencontreusement brisés. Je me souviens des jours de vacances où l’on se levait encore plus tôt que pour l’école pour voir tous nos dessins animés.    

 

    Je me souviens aussi de mes éternelles crises de larmes et de jalousie, de nos bagarres, de ma méchanceté incontrôlable et de mes craintes évacuées en cris. Je me souviens de mes longues insomnies rongée par les remords, les regrets et autres soucis. Je me souviens de l’humiliation perpétuelle orchestrée par mon père, de ses coups qui semblaient le soulager, de mes envies irrépressibles de le tuer à coups de couteau pour qu’on forme enfin une famille normale et heureuse rien que tous les trois. Je me souviens des après midi d’ennui et de frustration, bloquée à la maison à tourner en rond pendant les fêtes d’anniversaire et autres invitations. Je me souviens des longues heures passées devant une assiette de viande qui refroidissait. Je me souviens du jeudi matin à attendre le bus qui nous mènerait à la piscine comme d’un calvaire. Je me souviens avoir eu mal au ventre avant chaque retour à l’école, inquiète du nouveau mauvais tour que mes camarades allaient pouvoir me jouer. Je me souviens m’être 100 fois promis que tôt ou tard j’aurais mon heure de gloire pour me venger. Je me souviens des angoisses provoquées par la moindre leçon à réviser. Je me souviens de la même boule au ventre qui naissait immanquablement dans la salle d’attente du dentiste. Je me souviens des dimanches soir sombres de nostalgie, à tromper l’angoisse devant le feuilleton Disney et Vidéo Gag. Je me souviens d’une infinie solitude et d’une oisiveté maladive.

 

    Je me souviens que ce sont tous ces moments qui ont forgé la personne que je suis devenue. Je sais qui j’ai été, j’ai un peu plus de doutes sur qui je suis et je ne connais pas encore qui je serai. Toujours est-il que j’assume pleinement mon passé sans en être nostalgique du tout. Et c’est en me penchant sur ces années que je prends conscience que la vie vaut la peine d’être vécue. Continuer pour s’améliorer, apprendre de ses erreurs et persister, évoluer, malgré les séquelles. Je me sens en accomplissement ce soir.

 

 

mercredi, 14 novembre 2007

MBTI ISFJ.

Voilà, tout s'éclaire.

I c'était évident, c'est en moi même que je me ressource.

S après moults débats. Pour la faire courte, j'ai été éduquée dans le S, cette forte pression de S a engendré chez moi un fort rejet et je suis irrésistiblement attirée par le N. Tout ce que je fais actuellement tends vers le , d'où la confusion. Mais le test s'intéresse aux penchants naturels innés.

F parce que je suis pas froide mais plutôt tournée vers les sentiments, et que je sais éprouver de l'empathie pour les gens et que je suis dans la dimension de l'aide.

et J évidemment.

Contente de savoir que je pars de ça.

Parce que je ne compte absolument pas rester ça :) :) :)

http://www.personalitypage.com/ISFJ.html 

 

 

ISFJ

Les ISFJ sont très observateurs : ils notent tout ce qui se passe autour d'eux, choses, événements ou personnes. Ils s'imprègnent intérieurement des plus petits détails, sans réagir extérieurement, ce qui peut leur donner une apparence de lenteur dans leurs réactions ou d'un manque de spontanéité. En réalité leur champ de perception est très étendu et original, car ils sont sensibles aux plus légers variations; mais ils ne l'expriment pas spontanément.


Les ISFJ trouvent un sens à leur vie dans les services qu'ils rendent concrètement autres. Ils sont connus pour leur dévouement, ce qui peut les conduire parfois à se faire exploiter. Les ISFJ aiment l'harmonie et évitent les conflits. Ils souhaitent être acceptés dans les groupes où ils se trouvent et y mettre leurs valeurs en pratique sans pour autant froisser quiconque. Ils sont attentionnés et expriment leur affection ou leur sympathie plus par des actes que par des paroles.

Les ISFJ se posent souvent en « sauveurs » par rapport aux personnes en difficultés, sur le plan matériel ou moral. Ils peuvent même se faisant créer une dépendance dont ils risquent de devenir les victimes.

Les ISFJ font passer leur devoir bien avant le loisir, qu'ils remplacent souvent par d'autres obligations. Ils sont persévérants et méthodiques. Leurs engagements envers les personnes et en particulier leurs enfants, sont solides, fiables et de longue durée. Les ISFJ respectent les intuitions et les règles ; par tendance, ils conservent ce qui est acquis et n'aiment pas le gaspillage.

Les ISFJ aiment bien que l'enseignement qu'ils reçoivent soit organisé et pratique. Ils se sentent à l'aise quand les instructions sont précises et les tâches clairement définies, beaucoup mois quand il s'agit de débattre d'idées. Une grande partie de leur motivation à apprendre réside dans leur volonté de faire plaisir aux professeurs.

Les ISFJ ont un tel sens du détail concret qu'ils peuvent en négliger l'ensemble d'une situation et les conséquences à long terme. Leur capacité d'organisation et leur conviction par rapport à leurs valeurs peuvent se combiner à se rendre flexibles et rigides dans leurs comportements.

Leur désir d'être acceptés et leur volonté d'aider peuvent les rendre dépendants des autres. Ils risquent alors d'en être irrités et de projeter leur colère sur ceux qu'ils ont voulu aider.


L'intuition extravertie est la fonction inférieure des ISFJ. Cela signifie qu'elle sera généralement déclenchée par des objets extérieurs ou portera sur des objets extérieurs, plus que sur des pensées intérieures. Les ISFJ auront souvent du mal à transcrire leurs intuitions puisque celles-ci s'expriment de façon globale et synthétique alors que leur mode de fonctionnement habituel est discursif et analytique.


L'intuition pourra fonctionner chez les ISFJ de façon capricieuse, avec des résultats incertains ; elle aura souvent une connotation négative. Les ISFJ ont ainsi tendance à se faire beaucoup de souci pour les événements futurs qu'ils ne maîtrisent pas.


Le développement de leur pensée introvertie sera d'un grand secours pour les ISFJ. Elle leur permettra en effet de faire notamment le tri dans leurs priorités et par conséquent de se laisser moins absorber par les demandes de ceux qu'ils entourent. Elle leur permettra également d'envisager les conséquences logiques de leurs actions d'élaborer des scénarios. Elle pourra ainsi faciliter l'accès à la fonction inférieure.


Les ISFJ utilisent alors leur fonction inférieure pour imaginer des possibilités explorer les différentes éventualités du futur. Ils pourront d'ailleurs les noter par écrit et comparer ensuite leurs prévisions avec la réalité. Il pourra également leur être utile de se livrer à des activités créatives, dessin, sculpture, modelage, où ils laisseront libre cours à leur invention, en évitant que la fonction dominante ne vienne corriger leurs inventions pour les rendre plus réalistes.

 

Bizarre.

je sais et ne sais pas si tu me lis

tu sais et ne sais pas si je t’écris

de nous deux je ne sais qui connaît moins bien l’autre

il parait que je suis faible, c’est une question qui me trotte...

si être faible c’est savoir se remettre en question, je suis faible

si être faible c’est ne pas nier ses passions, je suis faible

si être faible c’est accepter de perdre la raison, je suis faible

si être faible c’est parfois vivre dans l’illusion, je suis faible

si être faible c’est à la guerre préférer la discussion, je suis faible

si être faible c’est admettre qu’on puisse céder face à la pression, je suis faible

et si être humain c’était être faible ; je serais pleinement humaine...

Encore.

puisque je ne suis assez bien pour personne

puisqu’en le cœur de nul homme mon nom ne résonne

puisque j’ai le cœur si gros ce soir qu’il en pèse des tonnes

puisqu’on ne m’entend pas même quand je crie à devenir aphone

 

je peux déballer mes craintes ou ma vérité,

je peux exposer mes certitudes et mes anxiétés

comme s’il fallait à tout prix de moi vous dégoûter

 

je suis une obsédée maniaco dépressive

je suis une frustrée facilement addictive

je suis une maso suicidaire destructrice

je suis une intello ambitieuse et novice

 

quel être sain ne serait rebuté par ce profil ?

qui serait assez fou pour risquer que je l’annihile ?

qui sera assez malin pour me faire battre des cils ?

samedi, 07 avril 2007

Deux pour le prix d'une.

Penser à changer de stratégie (et d’école).

J’ai coulé une entreprise aujourd’hui (mercredi). Pour une valeur de 63,9 millions d’euros. Je l’ai pas fait exprès aussi. Et faute avouée est à moitié pardonnée, non ? (ça marche toujours ce truc qui était valable jusqu’à mes 7 ans, âge de raison ?). Promis, je ne recommence pas.

 

Bouleversifiée.

Je suis sortie jeudi, prête à me jeter dans les bras de n’importe quel inconnu (dans la limite de la décence) jusqu’au bout de la nuit (même si j’ai cours le lendemain je suis une folle, j’enchaîne). Je suis revenue bredouille par la deuxième navette (5h quand même), ce qui est pitoyable (de rentrer seule comme d’utiliser le mot « bredouille »).

Et pourtant, c’est de ma faute. Le premier, c’était pas possible, il me plaisait bien mais il plaisait aussi à ma copine, je lui ai laissé, je partage tout moi. Le deuxième c’était pas possible, c’est un bon copain, il est trop raisonnable, il ose même pas dire « bisou » au téléphone, j’ai besoin d’un peu plus de passion moi. Le troisième c’était pas possible, il est venu danser tout contre moi jusqu’à ce que je m’aperçoive que sa petite amie l’attendait deux mètres plus loin. Je lui ai laissé, je suis pas une voleuse moi (enfin pas quand la fille en question a les ongles assez longs pour me faire regretter d’être née). Le quatrième c’était pas possible, il puait le Ricard à 10 mètres et pourtant il a jugé bon de (tenter de) danser le zouk collé serré à moi sur de la musique house. Et du coup, quand j’ai réussi à m’extraire de ses bras serrés autour de ma taille, j’ai décidé que ce quatrième serait le dernier. Je suis comme ça moi.

Mais c’est ma faute c’est moi qui trouve toujours des excuses. Je crois que j’ai peur. Dès que ça prend une tournure concrète ou sérieuse je fuis et il faut vraiment en vouloir pour me retrouver. Et avec ceux qui me plaisent vraiment, j’ai du mal à y croire. Là, je n’ai plus peur d’eux mais de moi-même. Peur de décevoir peur de n’être pas à la hauteur. Des peurs qui ne se disent pas. Parce que quand on a des raisons d’avoir peur c’est tabou et quand on n’en a pas on ne devrait pas se plaindre, c’est interdit.

 

jeudi, 29 mars 2007

Rien.

Rien mais plein de choses dans ma vie. Pourtant, rien depuis des jours ici. Plus je vis et moins j’écris, c’est bien normal mais c’est aussi bien dommage. J’ai plus envie d’écrire, plus envie de faire d’efforts pour intéresser, plus envie de tourner tout ça élégamment pour captiver. Je sais même plus quoi raconter tellement il y aurait de choses.

Je pourrais vous raconter que les nouveaux visiteurs qui viennent chaque jour toujours plus nombreux sont attirés par « Evelyne Dheliat » et par ses « pieds dénudés ». Mon blog est un repère de salaces obsédés par les présentatrices météo. (Oui, bienvenue à toi lecteur !).

Je pourrais vous dire qu’autour de moi les gens tournoient et les connaissances virevoltent. J’ai l’impression de ne plus connaître personne (Même toi, lecteur !). Les personnes les plus proches s’éloignent et je me retrouve à parler à de parfaits inconnus, puis dès que je connais mieux ces personnes, elles disparaissent aussitôt pour en laisser place à de nouvelles. Ou pas. Et là je suis dans une période de « ou pas ». Je ne sais pas où ils ont tous disparus, je sais qu’ils reviendront, mais en attendant ils me manquent. Pas un groupe de personnes en particulier. Juste un entourage. Je suis comme une photo détourée avec la « baguette magique » sous Photoshop, Vite, vite, vite remettez moi un fond, insérez-moi dans un décor, n’importe lequel pourvu qu’il comble le vide !

Sinon j’aurais pu vous parler de mon achat compulsif de fringues ce matin. Il me fallait un ou deux hauts sympas parce que les miens me boudinent (Et encore, Pâques n’est pas encore passé). J’ai fini avec un jean (Obligé, à chaque séance shopping j’en ramène un, très cher de préférence, qui finit au placard), un pantalon classe en lin (Oui j’ai acheté le même il y a deux ans et je l’aimais bien, malheureusement il a rétréci -ou j’ai grossi-), un t-shirt (Mais c’est pas gagné, j’en ai déjà deux comme ça dans d’autres couleurs je les mets plus), une sorte de sweat shirt de fille moulant (Mais pourquoi je l’ai pris celui-là, le but est de s’habiller en fille, pas de se déguiser en sportive ?!), un petit pull sans manche (Oui le comble de l’inutile, il fera toujours soit trop chaud soit trop froid pour le mettre) et ... Chose étonnante, une sorte de robe qui se met par-dessus un pantalon avec des motifs un peu sixties (Mais pas trop je hais le retour de la mode). Et ça, c’était totalement inattendu. Je crois que c’est dû à une lecture trop intensive de blogs de filles qui étalent leurs achats compulsifs de robes, pour ne pas les citer. J’ai dû contracter un complexe.

Je pourrais aussi dire que j’ai foiré mes partiels, c’est sûr, malgré les mots magiques de Lui, c’était comme perdu d’avance. Je ne compte plus que sur un miracle (que j’espère très fort) pour obtenir la moyenne et valider chaque pôle.

Je pourrais dire que je suis en plein dans ma crise du logement et faire appel à la solidarité des lillois : urgent, cherche studio secteur Gambetta/Vauban/Nationale (je suis pas trop difficile einh) pour fin avril. Sinon dans le pire des cas les enfants de Don Quichotte sont encore parvis Saint Maurice à Lille.

Je pourrais finalement dire que je suis morte de chez morte depuis ce weekend de quatre jours intensifs. Je n’arrive toujours pas à m’en remettre malgré plus de huit heures de sommeil quotidien... Par contre, et heureusement, les courbatures disparaissent peu à peu.

Je pourrais dire encore plein de choses mais finalement, tellement de choses insignifiantes. Dernier exemple, pour la route. Habillée en tailleur, le brushing parfait, la ballerine légère je me fais frôler par un objet volant non identifié. Floooooch. De peu. De très peu. J’ai évité le caca de pigeon avant l’entretien décisif.

vendredi, 09 mars 2007

Une hirondelle ne fait pas le printemps.

Mais une paire de ballerines, si. Aujourd’hui est un jour à marquer d’un pois vert (parce que la pierre blanche c’est désuet et que non, les petits pois ne sont pas rouges). Lorsque je me suis réveillée (difficilement, j’avoue), j’étais loin de me douter que ma vie allait changer du tout au tout.

 

J’ai commencé à me préparer tranquillement, comme tous les matins, en courant du salon à la chambre pour me préparer et faire mon sac en même temps. Un coup de sèche cheveux hop un dossier dans le sac puis un lavage de dents et hop le portefeuille et le portable, un coup d’œil sur mes mails, hop j’enfile mon jean. Enfin du grand n’importe quoi puisque je n’arrive toujours pas à faire une seule chose à la fois tellement ça me stresse de penser que je n’aurai peut-être pas le temps de faire les autres. Et puis vient le moment de mettre ma montre et de compter mes minutes de retard légèrement affolée. Oui, je m’affole de moins en moins pour mes retards, j’ai appris que la ponctualité n’était pas une valeur française. Et donc petit passage aux toilettes (c’est important), j’attrape mon sac au vol et... Dernier geste avant de claquer la porte derrière moi... Passer par le placard à chaussures.

 

Alors là un bref descriptif du placard à chaussures s’impose. Le placard à chaussures n’est autre que le placard de l’entrée qui rassemble les choses qu’on laisse à l’entrée parce qu’on ne s’en sert que pour sortir et que ça servirait à rien si ça traînait dans l’appartement. Dans le placard à chaussures coulissant, il y a donc les vestes et manteaux mais comme son nom l’indique, plus bas, il y a surtout les chaussures ! Une petite dizaine de paires dans cet appartement, les autres m’attendant sagement chez maman dont le placard à chaussures est beaucoup plus spacieux.

 

Une paire de baskets (des vraies pour faire du sport pas des Converse !) qui attendent désespérément leur heure de gloire, une paire de vieux tennis pour faire du sale, une paire de bottes en croûte de cuir vachette velours (ou assimilé) pour quand il fait bien froid ou qu’il pleut, une paire de bottines Esprit qui me va encore mais que j’aime plus mais bon je vais pas les jeter quand même, mon ancienne paire de Gola à la semelle percée que je peux plus mettre mais qu’il faut que je garde parce que je suis comme ça moi je m’attache à des trucs insignifiants (dédicace à tous les gens auxquels je suis attachée), une nouvelle paire de Gola pas trouée mais qu’il faut que je préserve parce que j’ai plus le droit de m’en racheter après -parce que je serai trop vieille pour ce genre de choses on m’a dit- et deux paires d’escarpins sans talons qui vont avec mes tailleurs et que j’ose pas mettre parce que bon il faut que je les garde pour quand je mets mes tailleurs (évènement si rare) et encore deux paires de ballerines que je trouve ça joli mais que c’est pareil on n’est toujours mieux dans ses bonnes vieilles Gola confortables pour déambuler à toute vitesse sur les pavés lillois. Toutes ces paires en vrac au fond du placard. Toutes, sauf les dernières Gola qui m’accompagnent quotidiennement et que je les aime pour leur petite bande vert acidulé mais que j’ai un peu honte parce que les filles à mon âge doivent mettre des chaussures pas confortables qui font des ampoules aux pieds et déforment les orteils mais qui tout à coup te donnent tout plein de crédibilité, de féminité et des fois même du charisme.

 

Et bien, ce matin, c’est comme si j’avais senti le soleil qui perçait au dehors, sans réfléchir, ni une ni deux, je balance les Gola au fond du placard, je me jette sur une de mes rares paires de mi-bas et j’enfile... Mes chaussures de fille ! Les ballerines noires à rubans ! La première et dernière fois qu’elles étaient sorties c’était pour... Etaient-elles seulement déjà sorties ? C’est comme ça qu’aujourd’hui, sans crier gare, je me suis transformée en femme et j’ai battu le pavé toute la journée d’un pied léger et gracieux, fière d’avoir réussi à me décider à mettre d’autres chaussures, pimpante, gonflée de classe et de confiance en moi. Et le ciel me l’a bien rendu puisque le temps est au beau fixe depuis cet instant. Je vous annonce officiellement que ce sont mes paires de chaussures qui font la météo d’Evelyne Dheliat.

 

Plus tard, je vous raconterai comment on soigne les ampoules aux pieds.

dimanche, 04 mars 2007

L’image qu’on a de vous (et de moi).

 

On dit s’en moquer, on le croit très fort car on le veut. « Moi, je m’en fiche du regard des autres... ». En même temps, on voit mal comment on pourrait revendiquer le contraire aujourd’hui, alors que la mode c’est de ne pas être à la mode. Renier les tendances de masse, voilà la nouvelle tendance de masse. Il faut savoir la jouer décalé tout en ne s’éloignant pas trop du troupeau. Alors bon, on garde les Converses, parce que ça compte pas, même si tout le monde les a, elles ne sont pas de la même couleur. On accessoirise le prêt-à-porter de telle sorte que l’expression-même de « prêt-à-porter » perde tout son sens. On mise sur le détail qui tue pour laisser transparaître un code qui est censé refléter une facette de soi-même. Ou pire, on prie pour que ce code qui ne dit absolument rien de nous nous donne accès à un groupe d’individus disposant déjà des valeurs qu’on aimerait acquérir (Qui ne suit plus ?). Mais l’image renvoyée correspond-elle vraiment à celle qu’on voulait donner ?

 

C’est à se demander si finalement, ça ne serait pas les autres qui auraient raison. Peut être chacun se trompe-t-il sur lui-même. On croit bien se connaître parce qu’on vit presque 24h/24 avec son propre corps et son propre esprit, mais finalement, on devient trop subjectif pour pouvoir se juger soi-même. Et les avis des autres finissent par former une opinion objective sur nous-mêmes. Je ne compte plus les gens qui se croient sincèrement ouverts et tolérants et qui, à leur corps défendant, démontrent le contraire la moindre occasion venue (T’as vu celle-là comme elle est attiffée ?). Nous ne pouvons pas nous maîtriser totalement. Ce que nous maîtrisons, nous le falsifions intentionnellement (Ah, tiens, et si je mettais un tailleur décolleté pour aller à cet entretien ?). C’est dans ce que nous ne maîtrisons pas que les autres nous percent au grand jour, dans une poussée de colère incontrôlée, dans un geste un peu trop pressant... Nous n’avons pas fini de nous trahir.

 

Tout ça pour en arriver au fait que je suis terriblement attristée et profondément déçue de ce qu’on retient de moi. Guillerette, ce matin, en me levant, je consulte les statistiques de mon blog.... Combien j’ai fait d’audience hier soir ? M’a-t-on laissé des commentaires ? Et c’est avec un étonnement que je ne vous cache pas que je lis les trois mots les plus tapés sur les moteurs de recherche pour parvenir à mon blog... A votre avis ? Si l’on m’avait demandé le mien, d’abord, j’aurais dit qu’il était impossible de tomber sur mon blog en tapant quoi que ce soit d’autre que « sophie », « chti » et « k » à la fois, ce qui est plutôt improbable, à moins d’avoir quelques doigts en moins ou une grosse tremblotte (d’avance, mes excuses aux personnes ayant fréquenté les couloirs d’SOS mains et doigts ou les boîtes d’anxiolytiques). Et puis après avoir réfléchi un instant, je me serais sûrement surprise à dire « journal », « poésie » et autres « littérature ». Que nenni ! Les trois mots incriminés sont : « danger sophie », « asocial » et le meilleur pour la fin : « lecteuse » (Si, si, essayez avec les quatre à la fois, ça marche bien aussi sur Google). Il est vrai que ces mots sont employés dans mon blog, mais faut pas pousser le bouchon non plus, je refuse d’être réduite à une sophie asociale en danger cherchant des lecteuses ! Si avec ça je rameute pas tous les gens des forums sur la psychiatrie ! Il faudra que je pense à insérer "joie de vivre", "amour", "bonheur" et "nirvana" dans mes notes pour contrebalancer tout ça. "Sexe gratuit", "jeune fille dénudée" et "free porno"  pour être un peu plus lue (j'ajouterai -internationalement- lue). "Lol mdr", "lach t comz" et "so cute so emo" pour toucher les skyblogueurs.

 

Et puis accessoirement, me concernant (la vraie moi, pas le blog de moi), je ne peux pas dire à quoi je ressemble. En plus de ne pas avoir la même tête sur deux photos prises consécutivement, à écouter chacun, je dois être dotée d’un nombre démultiplié de facettes. A croire que je change de masque pour chaque situation (Mais dites-moi, c’est vrai alors que je suis super adaptable, embauchez moi les patrons !). Extravertie ou timide, serviable ou machiavélique, chagasse ou prude, délurée ou intello, sage ou espiègle, on raconte un peu tout et n’importe quoi sur moi. Je devrais organiser une assemblée de ces gens qui se contredisent histoire qu’ils se mettent d’accord une bonne fois pour toutes sur mon cas parce que bon, c’est insupportable de ne pas savoir à quoi s’en tenir ! 

mercredi, 28 février 2007

Le moment où je deviens narcissique au possible. Oui.

Aujourd’hui, c’est ma sixième note ! Et comme vous avez lu attentivement au moins les dix premières lignes de mes articles qui sont très longs et très difficiles, vous avez patienté des dizaines d’heures dans un suspense insoutenable, presque aussi insoutenable que quand on vient de finir de préparer un bon tiramisù et qu’on ne pourra vraiment savoir s’il est réussi qu’après 24 longues heures au réfrigérateur (oui, je suis une rebelle, je ne dis ni « frigo », ni « kleenex » et oui, je suis une puriste, pas de bon tiramisù avant 24 heures). Et aujourd’hui, vous vous attendez tous à ce que je me mette à nu pour vous révéler la signification mystique du Six. Et pour la peine, j’aurais presque envie de ne rien dire du tout et de vous refaire le coup de la procrastination (oui, il faut suivre et se reporter au quatrième article – d’ailleurs, je préviens, arrivée au 2743° article, j’arrête de compter). Mais j’attends que vous soyez vraiment très attachés à moi, en situation de dépendance extrême et d’attente prostrée pour vous faire tourner bourrique. Là, il est encore trop tôt, j’ai à peine 6 commentaires, dont 1 de moi... (oui, je fais appel à ceux qui me lisent sans m’écrire, j’en suis très peinée et je vous trouve un rien malpolis).

 

Donc, l’histoire du Six, chiffre sacré s’il en est, remonte très loin dans mon enfance. Naguère, je naquis par une belle soirée d’automne, à l’heure où le soleil se cache derrière les branches déjà nues des arbres et caresse la campagne de sa lueur intense, reflétant ainsi ses lumières sur la surface dorée des feuilles mortes jonchant la terre humide et froide (*). Et, devinez quoi, c’était un Six ! Donc déjà, ça aide, pour devenir un chiffre fétiche. Une autre fois, par une douce journée de la fin du printemps, alors que les bourgeons naissent au creux des arbres noueux et que les insectes s’affairent dans la rosée du matin perlant encore sur une pelouse vert tendre et fraîchement tondue (*) , j’ai décidé que mon amoureux ce serait F. Et immédiatement après j’ai constaté que le F n’était rien d’autre que la sixième lettre de l’alphabet et que dans le prénom de F il y avait Six lettres, comme dans le mien. Plus tard, en 2006, me sont arrivés un tas d’aventures extraordinaires et de succès faramineux, résultats de Six ans de maturation pour la plupart. Enfin, c’est un peu long à expliquer dans les détails, mais pour tout dire, à chaque fois que quelque chose d’important et d’heureux se passe dans ma vie, il y a un Six pas très loin. Le dernier en date s’est collé sur la porte d’un appartement miraculeux trouvé in extremis, avant d’aller dormir Canal Saint Martin. Mais j’ai aussi eu des Six dans mes numéros d’étudiante, dans ma note de finances au premier trimestre, dans mon poids (^^'), dans le nombre d’albums de Muse actuellement, et le plus bloguesque de tous, ce sont les Six du 06/06/06, date de la création de feu mon premier blog. Même si pour le coup, c’était moins fortuit que le reste.

 

Vous savez tout (ou presque). Alors bien sûr, vous êtes déçus, vous vous attendiez à des révélations croustillantes (non, je n’ai ni de sixième doigt de pied, ni un Six tatoué sur la fesse gauche), à des anecdotes un tant soit peu poilantes, touchantes ou épatantes. Mais rien du tout, le Six m’a dévoilée dans ma nature la plus crue et la plus difficile à regarder en face. Et face au Six, je ne lutte pas et je vous avoue que ma vie est pareille à cet article. De loin, ça a l’air palpitant, on s’attend à vivre plein d’histoires extraordinaires et finalement, à y regarder de plus près, on reste sur sa faim et on regretterait presque d’avoir fait le voyage (oui, la minute narcissique n’exclut pas la minute la minute d’apitoiement sur son sort, bien au contraire).

 

Ah, et j’oubliais, cet article, titre compris, compte 696 mots très exactement.

 

(*) A relire pour s’imprégner de l’intensité poétique exceptionnelle du passage.